Les risques d’un placement en assurance vie

Plus rentable que le livret A, mais moins incertain que le plan d’épargne en actions (PEA), les contrats d’assurance-vie sont les placements préférés des Français. Mais comme tous les investissements qui cherchent à augmenter leur rendement, l’assurance-vie présente un risque. Cependant, il peut être maitrisé si l’investisseur fait preuve de vigilance.

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Les risques de perte en capital

À l’ouverture de l’assurance-vie, les capitaux sont affectés soit à des fonds en euros soit à des supports en unités de compte (UC).

Les UC sont constituées entre autres :

  • D’obligations ;
  • D’immobilier (SCPI, OPCI) ;
  • D’actions ;
  • De produits dérivés financiers.

Leur valeur fluctue à la hausse ou à la baisse en fonction du cours de la bourse et de la conjoncture économique. Votre assureur ne garantit pas leur montant, mais le nombre d’UC détenu.

Investir dans des UC permet d’obtenir un rendement élevé, mais comporte aussi un risque de perte de capital, en cas de mauvais choix ou de crise économique par exemple.

Pour être sûr de sécuriser totalement les fonds, les conseillers financiers proposent d’investir dans les fonds en euros.

Garantir la sécurité des fonds avec les fonds en euros

Les fonds en euros sont constitués :

  • D’emprunts d’État ;
  • D’obligations d’entreprises.

Il s’agit de supports financiers sécurisés : les entreprises ou les États vous versent chaque année des intérêts et vous pouvez reprendre le capital prêté à une échéance convenue. L’assureur garantit le montant des sommes investies dans les fonds en euros.

Chaque année, les intérêts générés par les fonds en euros sont intégrés au capital et sécurisés à leur tour grâce à l’effet de cliquet. La somme protégée augmente donc tous les ans.

Les conseillers financiers ajoutent également une part d’immobilier et d’actions afin d’augmenter le rendement. La répartition entre ces supports variables et les emprunts d’État et obligations corporate assurent la totalité des fonds.

De plus, afin de garantir les fonds en euros en cas de faillite d’un État ou d’une entreprise, les assureurs provisionnent une partie des intérêts. Les recettes ne sont pas redistribuées en totalité aux investisseurs. Une fraction est placée dans des supports sûrs pour pouvoir être restituée aux épargnants en cas de besoin.

Une garantie menacée ?

Face aux performances des fonds en euros, certains assureurs ne proposent plus de contrats monosupports en fonds en euros. Ils imposent des contrats multisupports avec une partie en UC et donc un risque de perte.

Dans de nombreux contrats, les frais de gestion, les droits d’entrée ou d’arbitrage sont imputés aux fonds en euros et peuvent diminuer le montant du capital en cas de rendement bas.

Les risques liés à l’assureur

Lorsque vous souscrivez un contrat d’assurance-vie, l’argent est détenu par l’assureur qui effectue les placements. Il vous restitue les sommes à l’issue du contrat ou quand vous effectuez un rachat. S’il l’assureur fait faillite, il ne sera plus en mesure de vous payer.

Pour éviter cela, renseignez-vous sur la solidité de l’établissement financier. En France, la loi impose des normes de solvabilité aux entreprises. Les consommateurs sont protégés par des mécanismes de surveillance et les mesures européennes de la directive Solvabilité II.

Dans l’hypothèse où un assureur fait faillite, les épargnants sont indemnisés par le fonds de garantie des assurances des personnes (FGAP) jusqu’à 70 000 euros par souscripteur et par établissement. Mais les banqueroutes sont un évènement très rare : depuis sa création en 1999, le FGAP n’a jamais eu à intervenir.

Est-il plus risqué d’ouvrir son contrat d’assurance-vie chez un courtier digital ?

Les banques et les courtiers présents sur Internet sont soumis aux mêmes lois et obligations de solvabilité que les assureurs physiques et les banques traditionnelles.

De plus, les néobanques sont souvent adossées à des établissements bancaires traditionnels. Par exemple, Boursorama est une filiale de la Société Générale et Fortuneo appartient au groupe Arkéa Crédit Mutuel.

La garantie du FGAP fonctionne pour les contrats en ligne. Si vous investissez plus de 70 000 euros dans des contrats séparés, veillez seulement à le faire auprès d’établissements financiers distincts. Si vous investissez 50 000 euros chez Boursorama et 30 000 euros à la Société Générale, le montant maximal remboursé en cas de faillite ne sera que de 70 000 euros, les deux banques étant liées.

Quels sont les risques à éviter lorsqu’on souscrit une assurance-vie ?

L’assurance-vie est un outil d’épargne, mais aussi un moyen de transmettre son patrimoine. Pour éviter tout risque de déshérence, il faut être vigilant lors de l’écriture de la clause bénéficiaire. Une clause vague ou mal rédigée ne permet pas le versement des fonds au destinataire lors du décès du souscripteur.

Vous pouvez choisir la clause standard proposée par les assureurs : « les capitaux seront versés à mon conjoint à la date du décès, à défaut à mes enfants vivants ou en cas de décès de l’un d’entre eux à ses représentants, à défaut à mes héritiers. » Elle désigne clairement le bénéficiaire sans citer son nom et prévoit des destinataires de second et de troisième rang.

Vous pouvez également demander au conseiller financier de vous aider à rédiger une clause adaptée à votre situation. Veillez à ce que la personne puisse être identifiée et contactée facilement et à prévoir des destinataires de remplacement.

Modifier la clause bénéficiaire

Vous pouvez modifier la clause autant de fois que nécessaire au cours du contrat, tant que les bénéficiaires n’ont pas accepté leur désignation.

Investir à court terme

L’assurance-vie est un placement moyen voire long terme. Avant huit ans, les rachats n’ouvrent pas droit à un abattement et les plus-values sont soumises à l’impôt sur le revenu au taux de 12,8%. Après huit ans, vous bénéficiez d’un abattement de 4 600 euros lors des retraits (9 200 euros pour un couple) et d’un taux d’imposition de 7,5%.

Le mieux est de souscrire un contrat tôt, pour faire date, même sans l’alimenter régulièrement. Lors du versement des primes, adaptez les montants pour être sûr de ne pas effectuer de rachat avant la date anniversaire des huit ans.

Avance sur une assurance-vie

Si vous devez tout de même effectuer un retrait, faites-le plutôt sous la forme d’une avance. En effet, l’administration fiscale considère les avances comme des prêts. Elles ne sont pas soumises à l’impôt sur les revenus de capitaux mobiliers et plus-values.

Ne pas diversifier ses placements

En matière d’investissement financier, la diversification sécurise les capitaux. La règle vaut aussi pour l’assurance-vie. Pensez à varier les supports au sein d’un même contrat. Vous pouvez également ouvrir plusieurs polices, surtout si vos encours sont supérieurs à 70 000 euros.

Peut-on avoir un contrat d’assurance-vie sans risque ?

L’assurance-vie s’avère un outil d’épargne sans risque si l’on suit certaines règles. Pour garantir les capitaux et profiter de l’ensemble des avantages fiscaux, il faut :

  • Choisir un contrat monosupport en fonds en euros ou un contrat multisupport et investir uniquement dans des fonds en euros ;
  • Opter pour un contrat avec des frais de gestion et d’arbitrage peu élevés ;
  • Placer les encours supérieurs à 70 000 euros dans des établissements financiers distincts ;
  • Rédiger une clause bénéficiaire adaptée à votre situation et la mettre à jour régulièrement ;
  • Ne pas effectuer de retraits pendant les huit premières années.

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Les sommes placées dans les fonds en euros sont garanties. Les fonds investis dans des supports en unités de compte peuvent subir des pertes.

Le fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) indemnise les investisseurs jusqu’à 70 000 euros par personne et par contrat.

Les banques et les courtiers en ligne sont soumis à la même législation et ouvrent droit aux mêmes garanties que les établissements physiques.

Vous devez être vigilant quant au choix des supports, aux frais appliqués par l’assureur et placer votre argent à moyen terme.